02 février 2007

Des Bleus à l'âme



Allemagne – France, jeudi 1er février. L’hôte, soutenu par 20 000 spectateurs, face aux champions d’Europe en titre. Le tombeur de l’Espagne, titrée en 2007, face au bourreau des Croates, champions olympiques. Deux grosses équipes qui se connaissent parfaitement. Des confrontations régulières (dont une dernière en phase de poule qui tourna à l’avantage des locaux), et surtout une pléiade de joueurs français qui brillent en Allemagne. Ces mêmes Bleus d’ailleurs, se distinguent dans la rencontre. Si Thierry Omeyer met quelques minutes à sortir des parades dignes de son standing, son coéquipier de Kiel Nicola Karabatic montre la voie. A 22 ans seulement, celui qui est présenté comme le futur patron de la formation tricolore encaisse les coups et écœure ses adversaires par son efficacité. Un Daniel Narcisse (Gummersbach) en orbite, un Bertrand Gilles (Hambourg) intraitable en défense (malgré sa double exclusion sanctionné tôt dans la partie) qui parvient à marquer malgré trois défenseurs sur le dos, et enfin un Joël Abati (Magdebourg), 37 ans, qui combla au poste d’arrière la désertion offensive de Jérôme Fernandez. Car si le barcelonais assura dans sa tâche défensive, il fut transparent sur attaque placée. A l’image de Luc Abalo, beaucoup moins inspiré qu’en quart de finale, ou de Michaël Guigou manquant d’initiatives. Claude Onesta choisit pourtant de leur faire confiance et de ne procéder qu’à de rares changements. Il vit sa décision confortée lorsque Luc Abalo remit les équipes à égalité par une percée plein axe. Il aurait pu se proclamer docteur ès stratégie si Michaël Guigou s’était vu accepté ce dernier but tout à fait valable.
Il en est autrement. La paire d’arbitres suédoise siffla. Privant la France d’une égalisation qui aurait conduit les deux équipes à se départager aux tirs au but après deux prolongations. Un dernier sifflet qui clôt une série de décisions parfois incompréhensibles. La Fédération, en atteste son communiqué de presse, peine à retenir sa colère : « Un arbitrage à sens unique, le gain du match déjà "volé?" à la fin du temps réglementaire ou un coup de sifflet pour jeu passif des allemands se transforme en but accordé. Le but de l’égalisation de Michael Guigou à la fin du temps réglementaire des deux prolongations qui s’envole et qui fait crier au scandale le monde entier du handball. » Perdre, d’accord, mais pas de cette manière. Côté joueurs, la déception est immense. Mais Bertrand Gilles tempère : cette erreur est humaine et compréhensible dans une telle ambiance, les arbitres ont sans-doute paniqué. Puis d’ajouter que si l’équipe de France s’incline, c’est aussi parce qu’elle n’a pas su se mettre à l’abri plus tôt. Sages paroles. La défaite n’est que plus grande quand elle est digne. D’autant que l’Allemagne ne démérite pas non plus.
Mais avouez quand même que de terminer un si beau spectacle sur une telle mascarade peut engendrer un logique sentiment d’injustice. Le mondial se finit sur cette pointe d’amertume pour la France, la médaille de bronze à la clé du match de dimanche contre le Danemark n’est aujourd’hui que pure anecdote.
(photos Sportissimo, site internte FFHB)

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